Prioriser les soins pour l’accès en réanimation ?

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Prioriser les soins pour l’accès en réanimation ?

Face à la pandémie, des soignants nous confient leur désarroi devant l’impossibilité de répondre à tous les besoins de réanimation et d’en exclure certaines personnes, non pas sur des critères médicaux, ce qui serait légitime, mais sur des critères liés à la pénurie de moyens et au manque de place.

On parle de « tri », de personnes qui n’ont pas accès aux soins de réanimation qui leur seraient utiles, faute de place, à cause de leur âge. Les services saturés édictent des priorités, à cause du manque de soignants ou de matériel (respirateurs) ? Certaines personnalités protestent contre la « discrimination sociale » ou l’âgisme sous-jacent derrière ces pratiques. Mais que faire pour un soignant impliqué dans ces situations de crise, et désemparé, parfois mis en accusation ?

La Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs a publié le 16 mars 2020 des pistes d’orientation provisoires sur les enjeux éthiques de l’accès aux soins de réanimation et autres soins critiques en contexte de pandémie COVID-19.

Dans ce résumé d’un texte de recommandation professionnelle pluridisciplinaire opérationnelle (RPMO) intégrant le recours à la réanimation dans une vision globale du parcours patient, la SFAP rappelle « Les principes éthiques de justice distributive, de non malfaisance des décisions, d’autonomie et de respect de la dignité de tous les patients sans oublier les plus vulnérables ainsi que l’indispensable confidentialité des données médicales sont des guides pour la prise en charge des patients atteints de formes graves de COVID-19, mais également de ceux nécessitant des soins de réanimation pour une pathologie non liée au COVID-191. »

http://www.sfap.org/system/files/gt_etic_rea_covid_16_mar_20_19h.pdf

 Avoir l’impression, en tant que soignant, de se faire le relais de décisions dramatiques, voire injustes et cruelles, parfois annoncées avec des prétextes discutables et prises sous la contrainte d’éléments devant lesquels on se sent impuissant, c’est inévitablement douloureux.

Si la vérité et la justice nous semblent bafouées, surtout si on a été victime de paroles, regards ou gestes de reproches ou de déception, nous pouvons nous sentir envahis d’un mélange de colère et d’agressivité, de tristesse et de dégout, de honte et de culpabilité.

Ces sentiments bien légitimes – qu’on peut se sentir incapable de confier en couple ou en famille – il est essentiel de pouvoir les exprimer. Cela permet de prendre une juste distance, d’assumer sa part de responsabilité sans tout prendre sur soi. C’est essentiel pour prendre du recul, ne pas s’endurcir, rester éveillé, ne pas renoncer à ses valeurs… Rester des soignants.

Si on a pu en parler entre soignants, on pourra aussi, plus paisiblement, demander des explications, ou proposer, en équipe, une façon plus humaine de gérer autrement la « pénurie » de moyens et les annonces difficiles aux patients et à leurs familles

N’hésitez pas à nous appeler pour vous confier, sans peur d’être jugés, pour déposer votre fardeau.

Pour vous accompagner, le service SOS fin de vie propose un espace d’écoute au téléphone et par mail : 0142713294 et ecoute@sosfindevie.org.

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