Comment vivre des rites de deuil malgré le confinement ?

Coronavirus, Deuil et coronavirus

Comment vivre des rites de deuil malgré le confinement ?

Non seulement nous sommes endeuillés, mais les rites de deuils, sous confinement, sont très chamboulés. Selon notre situation géographique et notre proximité familiale vis-à-vis du défunt, nous sommes confrontés à des interdictions. Dans l’urgence et la tristesse, avons-nous des idées pour que ce deuil soit traversé sans « casse » supplémentaire ? Y-a-t-il des choses à anticiper pour l’avenir ? Pour nous ou pour d’autres… Photos, textes, échanges via les réseaux sociaux. Autres idées ? Parlons-en…

Quelques idées : Si vous avez pu anticiper, essayez d’obtenir une photo mortuaire du défunt avant sa (rapide) mise en bière… A ne montrer qu’aux proches qui en font la demande. Cela peut être très utile car nous avons besoin de nos sens pour réaliser que la mort a emporté celui ou celle que nous aimons. « Enterrer les morts et réparer les vivants. » Le Platonov de Tchékhov.

En France, les rites de deuils avaient déjà été très affaiblis… Cette fois, le confinement impose encore plus de restrictions. N’est-il pas possible de remplacer le nombre et la quantité, par la qualité ? Qualité du peu de temps passé ensemble, de la présence, de l’intériorisation. Là encore, on peut se « représenter » les uns les autres, celui qui est là sera comme un ambassadeur de la peine de tous.

Si vous êtes totalement privés de rite de deuil, rien ne vous interdit de vous en « inventer », seul ou à plusieurs, dans votre lieu de confinement : sortir une photo du défunt, allumer une bougie, choisir des textes qu’il aimait, ou qui parlent de lui, les lire à voix haute, partager des souvenirs, écouter une musique… On peut retrouver la tonalité des veillées funéraires d’autrefois… Rien n’interdit de rire, de plaisanter avec des souvenirs marquants. Ni, bien sûr de pleurer. Prendre le temps de pleurer est consolateur.

« A partir de votre peine, chercher la meilleure manière d’intégrer la mémoire de votre ami dans votre vie d’aujourd’hui et de demain. »

On peut aussi inviter chacun à lire une lettre de gratitude et de souvenir, de pardon aussi, au défunt. Une personne vivant seule peut parfaitement élaborer son « rituel intime » en prenant le temps qu’il faut. En musique, chansons, méditation.

Les réseaux sociaux permettent de partager à distance certains éléments de ces rituels. Cela suppose de sortir de soi, d’assumer qu’on est endeuillé, seul ou ensemble. On peut déjà envisager le rassemblement ultérieur, la célébration à organiser, lorsque le confinement sera terminé. Et pourquoi ne pas préparer le texte ou la lettre que l’on lira alors ?

Une dernière idée : dans la mesure où les gestes d’affection et de réconfort sont rendus impossibles par le confinement, créer une page Facebook dédiée au défunt sur laquelle les personnes en deuil seront invitées à partager des mots, des témoignages, des photos. Le service gratuit InMemori permet de rendre hommage à un proche disparu en période de confinement. Son entourage pourra manifester sa présence en partageant un message de condoléances, un souvenir… pour commémorer et se soutenir.

Le moment venu, les personnes qui auront été privées des précieux rites de deuil et qui en seraient traumatisées pourront être écoutées et aidées. L’écoute permet à la personne de déposer ce qu’elle vit, ses frustrations, sa colère… L’écoute invite celui qui est en deuil à se demander : que représentait pour moi cette personne aux obsèques de laquelle je n’ai pas pu aller ? Quel est le « manque » que je ressens ? Mais aussi, qu’ai-je envie de vivre en mémoire d’elle, d’emporter d’elle pour que les belles choses qu’elle m’a apprises vivent en moi ?

Pour vous accompagner, le service SOS fin de vie propose un espace d’écoute au téléphone 0142713294 et par mail : ecoute@sosfindevie.org.

Confinement
et solitude

Deuil
et Coronavirus

Espace
soignants

Accueil
Coronavirus