Comment accompagner mon proche en fin de vie malgré le confinement ?

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Comment accompagner mon proche en fin de vie malgré le confinement ?

Les réseaux sociaux qu’on trouvait superficiels deviennent, pour certains, le précieux moyen de rester reliés malgré le confinement, prendre et donner des nouvelles, être sécurisés sur les approvisionnements… Il peut être bon de prendre le temps d’échanger pour trouver des idées pour accompagner autrement ce proche qu’on ne peut visiter. Sinon, peut-on consentir à ce qui parait impossible ? Quoi qu’il en soit, essayons de traverser ce moment, en faisant ce qui est possible, et sans rester seul… Parlons-en !

Quelques idées : D’abord, ayons conscience que ce sont des circonstances exceptionnelles qui conduisent à ces contraintes qui paraissent inhumaines. Essayons de ne pas nous « culpabiliser », ce qui suppose d’abord d’accueillir ce sentiment de culpabilité qui envahit naturellement toute personne qui sait qu’un proche est dans l’épreuve, à fortiori si elle ne peut rien faire.

Mais justement que faire ? Si une rare visite est possible, profitons-en pour nous dire les choses que nous avons à cœur de dire, sans avoir peur de témoigner de notre affection, de notre amour. Même si notre proche est inconscient, lui parler, en expliquant la situation, bien se présenter par son nom, dire ce qu’on ressent, ce que nous voulons dire avant de se quitter pour toujours.

Mais avant, donner des nouvelles. Si nous avons « la chance » de pouvoir être présents, alors que d’autres non, n’hésitons pas à dire des choses importantes au nom d’autres personnes proches, privés de cette possibilité.

Les prévenir avant pour savoir s’ils ont des mots à transmettre… On peut même leur téléphoner et mettre le haut-parleur pour qu’ils s’expriment. Utiliser en direct une messagerie instantanée… Prendre une photo…

Peu importe si notre proche ne peut plus répondre, ni même comprendre… Ce sont des démarches bienfaisantes qui facilitent l’unité et la consolation. L’expérience montre qu’il faut toujours faire le pari de la présence.

Si on ne peut malheureusement pas se rendre sur place, en raison du confinement, de la contamination… pourquoi ne pas essayer d’écrire un SMS à un soignant – celui qui vous donne régulièrement des nouvelles – pour qu’il le lise au chevet de votre proche. Si vous savez que l’un des vôtres a la possibilité et l’autorisation de faire une (dernière) visite, faites-en l’ambassadeur de ce que vous voulez partager. Dans ces moments-là, la confiance, l’affection et l’amour sont ce qu’il y a de plus beau à vivre.

Se réunir par les réseaux sociaux à plusieurs pour se donner des nouvelles ou accomplir une démarche spirituelle pourra être une belle consolation.

Un dernier mot : le moment où la mort advient peut réveiller des émotions fortes, notamment de la culpabilité parce qu’on n’a pas pu être présent. En réalité il faut savoir que, dans bien des circonstances, le décès survient quand les visiteurs sont partis… Comme si la personne en fin de vie attendait d’être seule pour vivre ce moment dans l’intimité.

« C’est cette liberté d’être soi au seuil de la mort qui permet d’aller jusqu’au bout et de mourir de sa propre mort. » Marie de Hennezel, Nous ne nous sommes pas dit au revoir, 2000

Pour vous accompagner, le service SOS fin de vie propose un espace d’écoute au téléphone et par mail : 0142713294 et ecoute@sosfindevie.org.

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