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La Fondation Cognac-Jay, Paris XVème

"Ne pleurez pas, la mort n’est pas triste",
Dr Elisabeth Mathieu-Riedel, Ed Mame,Criterion.

"(…) La Fondation Cognac-Jay se trouve dans le XVème arrondissement. Une rue calme, proche d’autres centres hospitaliers privés. L’entrée de cette maison de brique de la fin du siècle dernier ressemble à celle d’un grand hôtel d’autrefois. Le perron est prolongé de quelques marches à l’intérieur du hall. Celui-ci s’étend sur toute la largeur de la maison et se poursuit par un passage vers les nouveaux bâtiments.
A droite, un patio est dessiné en trompe l’œil. Sous les peintures, des fauteuils en osier et en fer forgé accueillent les visiteurs. Dans l’escalier revêtu de céramiques, il y a une cage avec de vrais oiseaux, et, devant un « faux » balcon, une véritable statue de la vierge. A gauche du hall, autre atmosphère : des meubles anciens composent un petit salon, avec piano et table de bridge. Un jeune malade frappe sur le clavier, tandis que sa mère bavarde avec deux vieilles femmes hospitalisées ici, manifestement joyeuses.

Pour parfaire l’ambiance, en face des ascenseurs, un groom en bois, grandeur nature, présente le plan de l’établissement. Au premier étage, un salon est à la disposition de tous les malades. En cette fin de journée, des rayons de soleil traversent la pièce et illuminent une statue de la Vierge en porcelaine bleue et blanche. Elle est posée devant un tableau d’art contemporain composé de grandes touches bleues, et encadrée de rideaux couleur fauve. Sur les murs, de nombreux tableaux. Beaucoup de tons chaleureux pour un salon familial, bien loin du décor habituel des hôpitaux.

"La semaine dernière, on nous a volé onze peintures. Mais que voulez-vous, les locaux créent l’ambiance. Ici, c’est un lieu de vie…, même si l’on y meurt."
Max Cohen est un homme robuste ; éducateur spécialisé de formation, il en garde l’attitude décontractée et le contact direct. Il est le directeur de cette fondation confiée à l’origine, début XXème siècle, à des religieuses : les sœurs de Saint-Joseph d’Annecy. C’était à l’époque une maternité financée par le fondateur d’un grand magasin parisien : la Samaritaine ! Aujourd’hui, le personnel est laïc : seulement quelques religieuses sont encore infirmières ou accompagnent des mourants.

Aujourd’hui, la Fondation compte 72 lits, dont 24 pour les soins palliatifs. Les autres sont réservés à des malades en moyen séjour, encore capables de se déplacer. Huit lits sont disponibles en appartements thérapeutiques : ils reviennent en priorité à ceux qui ont, en plus de leur maladie, des difficultés sociales. L’obsession de Max Cohen : « Démédicaliser l’hôpital. » Par le cadre et la décoration, mais aussi par le mode de relation entre soignants et soignés. « Quand on rend les gens heureux, on peut diminuer les doses d’antalgique ! » dit-il.

Sorties au cinéma, vacances en Corse ou à Djerba, promenade à la campagne avec des infirmières et des bénévoles… La Fondation Cognac-Jay veut créer des espaces de liberté et une ambiance familiale. Quand la chaleur de l’été arrive, le jardin se transforme en solarium ; dans l’appartement thérapeutique, les malades peuvent amener leur animal domestique…"

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