"C'est ce regard de pitié qui
doit disparaître et disparaît ici"
Gaston, un patient âgé de l'unité de
soins palliatifs de l'hôpital de l'Université
de Paris,
première unité de soins palliatifs de France
(8 lits),
film "Partir accompagné", Planète,
22 mai 2000.
"Je voudrais que tout le monde sache qu'il y a des hommes,
des femmes qui sont prêts à tout faire pour que
le vieillard ou le grand malade soit prêt ; ne demande
pas à mourir, mais soit prêt à mourir et ça,
sans souffrance, sans souffrance morale. Parce que son entourage
est vraiment là… Avant, c'était succinctement,
comme ça, sur les bords, et maintenant, c'est totalement.
On sent les gens vraiment proches de vous, et pas par pitié,
non… C'est ce regard de pitié qui doit disparaître
et disparaît ici. Ici, on ne le voit pas.
Depuis que je suis ici -je précise ici, parce que dans
un autre hôpital, on n'aurait pas fait ce que l'on a
fait ici pour le rapprochement de la famille-, maintenant je
découvre infiniment de choses chez mes enfants, comme
mes enfants découvrent un nouveau papa. On ne peut pas
s'imaginer la différence (...). Je ne sens pas chez
eux de la pitié, non… On dirait qu'ils se forment,
comme s'ils recevaient une formation, c'est très bizarre.
Surtout ma fille… Avant, c'était mon adoration,
malgré tout… Je dis "malgré tout",
parce que je ne la sentais pas près de moi du tout,
mais alors pas du tout. Jamais un regard, un geste, un mot,
qui puisse me rappeler que c'était ma fille. Alors que
maintenant, c'est ma fille à 100%. Quand on se voit
maintenant, dans le regard déjà, tout est là.
Chose que je n'éprouvais jamais avant."


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