"L'accompagnement réduit les demandes d’euthanasie"
"Levallois info", avril 2004.
Alexis Harmel, bénévole auprès de
malades en fin de vie depuis 15 ans, est l'auteur de "La
mort accompagnée" (éd. Du Rocher, 2004).
"Plus jeune, à l’époque où j’étais
scout, je rendais déjà visite à des personnes âgées.
Plus tard, j’ai vraiment eu envie de continuer en devenant
bénévole à l’Hôpital Beaujon à Clichy,
au service de médecine interne. (…)
C’est un échange et un dialogue, une fois par
semaine. Je visite les chambres une par une. Ce qui est très
enrichissant à Beaujon, c’est la rencontre avec
des personnes d’origines et de confessions religieuses
différentes. Certaines sont âgées, d’autres
sont jeunes, victimes d’un accident de voiture, malades
du sida ou atteintes d’un cancer. (…)
Les patients ont besoin d’une présence, d’être
rassurés également. Le médecin, lui, n’a
pas le temps de rester longtemps dans les chambres. Nous, nous
pouvons le faire. Et c’est important, car on s’est
aperçu que plus il y a d’accompagnement, moins
il y a de demandes d’euthanasie. Je me rappelle d’un
malade qui m’a dit un jour : « Heureusement
que vous étiez là, car sinon j’aurais fait
une bêtise ».
[Quand j'apprends aux gens que je suis visiteur hospitalier],
ils me disent immédiatement : "C'est trop difficile,
je ne pourrais jamais faire ça !". Je leur réponds
alors qu'il ne faut pas regarder les malades à travers
leur corps, mais à travers leur âme. J'ai écrit
ce livre pour susciter des vocations, pour lancer un appel
au bénévolat. Tous les hôpitaux en ont
besoin. (…) C'est vrai qu'il est nécessaire d'être
très équilibré et entouré. (…)
Mais, malgré les difficultés, nous n'avons pas
le droit, à notre époque, de laisser les gens
mourir seuls. Tout le monde a le droit de finir ses jours dans
la dignité."

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