"Heureusement que nous avons su la
vérité"
Odile Lesaffre, Bonneville (Haute-Savoie),
"Le Monde", courrier des lecteurs, 7 mars 1999.
"Irréversible… La maladie est là et
rien ne peut être fait ; ces mots du médecin
de l’hôpital sont extrêmement douloureux,
mais après le choc reçu, ils permettent des mots,
des caresses, des dialogues, des souvenirs, des émotions,
des témoignages. Si la vérité nous avait été cachée,
jamais nous n’aurions vécu ces moments. (…)
Nous avons pratiquement passé 7 jours sur 7 avec notre
mère en soins palliatifs : un lieu de vie nous
permettait de prendre un café, de chauffer un repas,
de dormir dans la chambre ou dans une pièce en face.
A aucun moment, nous ne nous sommes sentis exclus ; les
aides-soignants nous livraient leurs moments avec la malade : "elle
a ouvert légèrement les yeux, elle est plus fatiguée…"
Notre mère est partie entourée, aimée,
dans un hôpital de province. Les équipes ont respecté notre
intimité, mais ont partagé aussi notre désespoir.
(…)
Le service des soins palliatifs n’est pas un « mouroir
de luxe », c’est un lieu de respect de l’être
humain et de sa vie, un lieu de paroles et de dialogue, un
lieu pour aider les proches à trouver en eux la sérénité.
(…) Nous nous devons de soutenir le personnel de ces
services, de leur donner les moyens de mettre leurs compétences
humaines et médicales au service du plus grand nombre
et de poursuivre leur formation à cet accompagnement."
|