"Le
répit après la tourmente"
"La Croix", 27 juin 2002.
René, 78 ans, est en service de soins palliatifs,
à l'hôpital des Diaconesses, Paris XIIème.
"(…) René, les yeux bleus qui pétillent
et les mains sagement croisées sur le drap, revient
de loin lui aussi. Un cancer de la prostate diagnostiqué
en 1998, puis compliqué de métastases osseuses,
lui a fait souffrir le martyre. La chimiothérapie lui
a ôté le goût de vivre . « Je
prenais le médicament et peu de temps après,
je vomissais, ça coulait tout seul sur le drap. Je
n’avais qu’une idée en tête, me suicider. »
Ses douleurs se sont calmées, mais au prix d’hallucinations
visuelles et auditives.
En mai 2002, quand René est dirigé vers les
Diaconesses, sa femme lui assure que « c’est
une maison super-médicalisée » -
« je n’allais pas lui dire que c’était
du palliatif ! ». Mais l’ancien kiné
comprend rapidement où il est. « Quand j’ai
vu qu’il y avait un parc, je me suis dit : « alléluia !
ça faisait quatre mois que je n’avais qu’une
envie : aller dans le parc. Aujourd’hui, tout mon
espoir est là. »
René a recommencé à marcher, il n’a
plus mal et se souvient avec humour de ce médecin qui
« n’était pas d'un optimisme fou et
m’avait dit « eh bien, je ne sais pas comment
on va soigner ça ! ». Il doit bientôt
partir vers un hôpital de moyen séjour avant
de rentrer chez lui. Il a calculé ses chances :
« Je pense que j’ai un répit d’un
an ou deux. Je n’en demande pas plus. Tout ce que je
veux, c’est aller un peu à la campagne et vivre
comme un homme de mon âge ! »
René est un sage. Il savoure chaque minute. [Il] ne
tarit pas d’éloges sur le personnel soignant
qui est « aux petits soins » et « sait
anticiper les demandes »."
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