Interview
du Dr Maurice Abiven
"Ouest France", 4 mars 2000.
Créateur d'une des toutes premières unités
hospitalières d'accompagnement des mourants, à
Paris, en 1987.
"L’agonie, insupportable parfois, avec des douleurs
physiques et morales incontrôlées, nous savons
l’affronter. Nous disposons de médications, d’un
savoir-faire. Je pense aux médicaments de la famille
du valium qui induisent le sommeil, mais qui ne font pas mourir.
(…) Grâce aux anti-douleurs, dont la morphine,
grâce aux équipes spécialisées
dans l’accompagnement des mourants, les soignants ne
devraient plus avoir à affronter des cas tragiques.
Ces techniques médicales qui permettent une mort
douce ne relèvent-elles pas de l'euthanasie ?
(…) J’ai longtemps entendu des gens dire « on
lui a donné une ampoule de morphine, il est mort quatre
heures après. On l’a euthanasié »
Non. Un centigramme de morphine n’a jamais tué
personne. L’intention n’est pas de faire mourir,
la dose n’est pas mortifère. Toutefois, les risques
de dérapages rendent le débat très difficile.
Ils existent quand il s’agit de choisir la dose. Cela
exige des soignants une grande rigueur éthique et professionnelle.
(…)"
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