Dr Christophe
Trivalle
"Le Figaro", 11 juillet 2000.
Responsable adjoint du service gérontologie et soins
palliatifs à l’hôpital Paul Brousse à
VilleJuif (Val-de-Marne).
"Les soins palliatifs, au contraire [de l'euthanasie],
c’est de l’accompagnement. On essaie de soulager
le malade tout en sachant qu’on ne pourra pas le guérir
et que l’issue est la mort. Mais c’est une démarche
active et non pas passive : on essaie d’atténuer
sa douleur, on ne décide pas de l’heure de sa
mort ! (…)
En règle générale, on augmente les médicamentations
par doses progressives. Pour la morphine, par exemple, tout
en essayant d’atteindre le seuil où le malade
n’ait plus mal, nous n’avons aucun risque de dépression
respiratoire. Par ailleurs, il n’y pas forcément
d’accoutumance aux médicaments. L’idée
n’est pas de doubler la dose mais, je le répète,
de soulager la douleur. (…)
Souvent, les pratiques d’euthanasie sont le fait de
personnes qui ne sont pas formées à la prise
en charge de la douleur. En éliminant le malade, il
élimine le problème. C’est la raison pour
laquelle la formation des infirmières et des médecins
doit être absolument développée pour éviter
ce genre de dérive. Encore que la question des sous-effectifs
hospitaliers puisse également expliquer ces décisions
d’"euthanasie". Sans réelle équipe,
un personnel peut très rapidement se sentir seul face
à la douleur de son malade."
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