Dr Jean-Marie Gomas
"Impact Médecin Hebdo" n°487, 7 avril
2000.
Généraliste, responsable du centre de douleur
et de soins palliatifs de l'hôpital Sainte-Perrine à
Paris.
"Bien sûr, on ne peut venir totalement à
bout de la souffrance morale. Mais il est toujours possible
de l'atténuer. (…) Des travaux ont montré
que le désir de mort était uniquement induit
par la souffrance. En réalité, lorsque la douleur
peut être traitée, le désir de vie reste
le plus fort. J'ai connu de nombreux malades, terrassés
par leur souffrance morale, demandant la mort et qui un jour
se sentaient mieux.
Et quand ces souffrances sont trop insoutenables, nous avons
une solution, le sommeil induit, qui permet au patient d'échapper
à la douleur. (…) On respecte [ainsi] la dignité
humaine en accompagnant la mort sans la provoquer.
Quant à l'obstination déraisonnable, elle est
bien sûr à rejeter si elle prétend traiter
la pathologie quand plus rien n'est possible. Mais les soins
palliatifs n'ont rien à voir avec l'acharnement thérapeutique."
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