"Une euthanasie,
c’est psychologiquement extrêmement violent"
Pr Vincent Meininger, entretien avec Marie de Hennezel,
mars 1999,
"Nous ne nous sommes pas dit au revoir", Robert
Laffont, 2000.
Le Pr Vincent Meininger est chef d’un service qui
accueille des malades atteints de la sclérose latérale
amyotrophique, la SLA, à l’hôpital de la
Pitié-Salpêtrière.
Il lui arrive "d'aider à mourir" des patients
qui s'asphyxient ou qui ont accepté une trachéotomie
et ne supportent pas leur dépendance.
"Une euthanasie, c’est quelque chose de "psychologiquement
extrêmement violent, qui remet en cause de manière
très forte notre désir de mort, de pureté,
d’évacuer des tas de choses". On n’insistera
jamais assez, dit-il « sur le syndrome des restants
», la douleur de ceux qui restent dans une histoire
où l’ensemble des gens ont participé.
Non décidément, ceux qui brandissent le «
droit de mourir dans la dignité » ne savent pas,
pour la plupart, ce qu’ils demandent. « MOI, je
veux choisir l’heure de ma mort », d’accord
! Mais qui va le faire ? Qui va rester ? Les autres avec leurs
problèmes.
Vincent Meininger ne se sent pas « d’être
uniquement un exécutant de basses œuvres. Parce
que, en définitive, il y a quelque chose de ça
!»."
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