"Ils voulaient
« euthanasier » notre fille"
Hélène Gefflot, Rennes, "Nouvel Observateur",
9 octobre 2003.
"Ma fille adorée, ma princesse Sarah, a vécu
pendant près de cinq ans sans pouvoir marcher ou nous
parler. « Ca ne vaut pas le coup de vivre comme ça »,
nous avait lancé au tout début, dans un couloir,
un chef de service de réanimation. Quel imbécile !
Toutes ces années ont valu le coup, ont pesé leur
poids d’amour, de mots et de caresses, d’attention,
de combat, de souffrance aussi. Mais jamais, jamais, son papa
et moi n’avons pensé une seconde « abréger
les souffrances » de notre enfant (qui recevait
d’ailleurs les analgésiques nécessaires).
Au nom de quoi ? De notre propre douleur ? Quel égoïsme !
Alors que Sarah avait montré tant de courage, et prouvé à sa
façon son envie de vivre, comme tous les parents d’enfants
gravement malades vous le diront. Pendant ces cinq années,
en revanche, nous, parents et proches, nous sommes battus contre
ceux, à l’hôpital, qui voulaient « euthanasier » notre
fille." |