"Sa souffrance venait d'une brouille
ancienne avec sa soeur"
"Nous ne nous sommes pas dit au revoir",
Marie de Hennezel, Robert Laffont, 2000.
"(…) Dominique réclame tous les jours la
mort, provoquant les médecins et les infirmières
dans leur incapacité à la soulager. Lorsque je
lui demande ce qui la rattache encore à la vie, elle
me parle de sa sœur avec laquelle elle est brouillée.
Avec moi, la psychologue, la nécessité de régler
cette brouille ancienne prend le relais de la plainte. Mais
avec le médecin, elle continue à réclamer
la mort et à se plaindre qu’on lui confisque sa
liberté de mourir.
C’est alors qu’un jour il lui indique le moyen
de précipiter sa fin. Il suffit qu’elle arrête
de prendre son comprimé anti-arythmique. Son cœur
ne tardera pas à fabriquer des caillots et cela pourra
entraîner une embolie brutale, et donc la mort. Cette
façon de la confronter à sa responsabilité provoque
l’effet escompté. Et c’est seulement après
s’être réconciliée avec sa sœur
qu’elle peut enfin mourir."
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