Pr Henri Pujol
ancien chef de service de cancérologie à Montpellier,
Président de la Ligue contre le Cancer.
"Le Figaro", 4-5 mars
2000.
« En plus de trente ans de cancérologie,
j’ai vu des milliers de patients mais pas plus de trois
ou quatre m’ont demandé une euthanasie. Chez un
malade bien pris en charge au niveau de sa douleur, ainsi qu’au
plan affectif, psychologique et social, la demande explicite
d’abréger sa vie dans l’immédiat
est absolument exceptionnelle.
En revanche, un médecin a le droit d’interrompre
une réanimation désespérée et pénalisante
aussi bien pour le malade que pour les proches, et abréger
ainsi de quelques heures ou de quelques jours la fin de vie,
sans que pour autant on puisse parler d’euthanasie.
Dans mon expérience de cancérologue, la demande
d’euthanasie est plutôt le fait de personnes qui
viennent d’apprendre qu’elles vont être soignées
pour un cancer et dont l’angoisse est telle qu’elles
implorent cette possibilité pour le moment où elles
s’estimeront incurables. Lorsque cette même personne
s’approche du moment où les possibilités
de soins curatifs sont dépassées, elle n’exprime
plus du tout ce besoin, bien au contraire. »
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