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Dr Gilbert Desfosses

Président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), responsable de l'unité mobile de soins palliatifs du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière.

"La Croix", 31 mars 2000.

"L’expérience de tous les soignants confirme la rareté de la demande d’euthanasie exprimée par les malades. Lorsqu’elle existe, elle est le plus souvent en rapport avec une souffrance insuffisamment évaluée et mal comprise. Cette demande est majoritairement ambivalente, variable dans le temps, en fonction de notre attitude et de notre capacité à apporter un soutien et des thérapeutiques ajustées. C’est un cri de détresse à entendre pour se mobiliser auprès du malade. Voilà la dynamique à favoriser au sein des équipes soignantes.

Et, s’il demeure, en fin de vie, une souffrance réfractaire malgré des soins appropriés, les soins palliatifs ont proposé d’effectuer des sédations titrées (sommeil artificiel), réversibles et contrôlées. Cette attitude clinique donne une réponse immédiate à la souffrance, permet de travailler sur ses causes et reste dans le domaine du soin. (…)

Mais notre réflexion ne doit pas se limiter à la réponse donnée à la demande d’euthanasie. Il faut aller démêler en amont, un à un, les fils de l’histoire de chaque personne pour comprendre ce qui lui a rendu la vie insupportable. Ce travail d’analyse permet de comprendre l'origine de certaines souffrances, que ce soit dans la vie privée ou à la suite d’évènements médicaux. (…)

D’autres situations intolérables peuvent être la conséquence de décisions médicales inadaptées et donc en partie évitables. Il s’agit de ce que nous nommons « acharnement thérapeutique ». Il est de la responsabilité soignante de savoir limiter certaines thérapeutiques dans des situations de fin de vie pour ne pas prolonger, sans avantage pour le malade et ses proches, une vie qui se termine. Ailleurs, il faudra savoir arrêter certains soins devenus disproportionnés qui n’empêchent pas une évolution fatale et qui sont sans bénéfice clinique pour le malade."

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