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... Vous êtes confronté à la question de l’euthanasie  
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Pr René Schaerer

"Le Quotidien du médecin" n°6462, 24 mars 1999.

" Face à un patient qui vous dit « faites-moi mourir », il n’y a pas de conduite à tenir comme c’est le cas habituellement », concédait le Pr René Schaerer, président de JALMALV (Jusqu'A la Mort, Accompagner La Vie).
(…) « Il faut commencer par s’asseoir, recommande ce spécialiste d’oncologie à l’hôpital Joseph-Fourier de Grenoble. Même si c’est pour ne rester que cinq minutes, c’est très important. Symboliquement, cela montre que le médecin donne de son temps. « Deuxièmement, il faut "écouter" : « Avant de formuler cette demande, le malade y a pensé à l’avance, souvent pendant des nuits. Il a donc beaucoup à dire », explique le président de Jalmalv. Il est donc logique de "prendre en compte" cette parole en « essayant de comprendre, en reformulant en écoutant encore » le malade. Le médecin et lui doivent ensuite s’efforcer de chercher une solution ensemble. Dernier élément jugé essentiel par l’équipe de cette association : « Promettre et assurer des soins palliatifs ».

A partir de là, le Pr Schaerer constate que la demande d’euthanasie disparaît presque toujours. « Bien que ce soit une revendication fréquente de l’opinion, c’est une demande rare des patients », souligne-t-il. Lui-même a appris à se méfier des termes très ambigus employés par nombre de patients. « Je veux m’endormir pour toujours », « Docteur, il faut me faire une piqûre » : autant de phrases fréquemment entendues qui, après vérification, ne signifient nullement que la personne souhaite que ces jours soient abrégés par un geste médical."

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