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...Vous vous interrogez sur une situation d’acharnement thérapeutique  
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-> "L’acharnement thérapeutique recule en France", "La Croix"
-> " La décision est toujours prise de façon collégiale", Pr Samii, France 2
->"Il faut savoir ne pas s'acharner sur un corps qui s'éteint", Dr Debré, FR3

"L’acharnement thérapeutique recule en France"

Dominique Quinio,"La Croix" , 17 mai 2001.

"Trop longtemps, peut-être, la médecine moderne -justement fière de ses formidables progrès- a été tentée de nier la mort. Solidaire de cette science triomphante, la société ne voulut plus voir dans la mort qu’un échec ; elle fut donc interdite de cité, sauf dans les fictions et les journaux télévisés où, tellement violente, elle ne semble concerner que les autres.
Mais les personnels soignants, bousculés par leurs propres expériences, par les questions des malades et de leurs familles, se sont interrogés sur leurs pratiques. Jusqu’où tenter des traitements ? Quand arrêter des soins devenus inutiles, coûteux financièrement et humainement ?

Il faut beaucoup de force et bien de l’humilité à l’homme de science pour s’accepter impuissant. Impuissant mais pas inutile. Car il reste à faire, quand il n’y a plus rien à faire ! Accompagner la vie jusqu’au bout, combattre au maximum la douleur pour permettre aux malades et à leur famille de partager intensément leurs derniers moments ensemble. Soigner, en somme.
L’acharnement thérapeutique n’est donc plus, en principe, la réponse angoissée de la médecine devant la mort prochaine. Plusieurs enquêtes menées en France le démontrent : des équipes médicales, en concertation avec les patients et leurs familles (sans doute pas assez encore), selon des critères soigneusement établis, prennent la décision d’arrêter des soins. Cela peut se traduire par un raccourcissement de la vie, mais ce n’est pas une décision d’euthanasie.

Le panorama paraîtra idéal, sans doute : trop de témoignages nous disent aujourd’hui encore des expériences contraires. Voilà donc un beau défi à relever pour la médecine et la société française : rejeter (…) avec la même fermeté l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie, les deux faces d’une très humaine tentation, celle d’avoir toujours le dernier mot sur la vie comme sur la mort."Haut de page

"La décision est prise de façon collégiale"

Pr Samii, France 2,« Nous ne nous sommes pas dit au revoir »,
Marie de Hennezel, éd. Robert Laffont, 2000.

"Certes, il n’est pas facile de prendre la décision d’arrêter une réanimation ou un traitement. C’est une responsabilité lourde à porter.
Lors d’un débat télévisé (1), le Pr Samii, chef de service d’anesthésie-réanimation au Kremlin-Bicêtre, a témoigné avec beaucoup d’humanité de cette douloureuse question de l’arrêt des soins. Bien que sa mission soit de sauver la vie, et non pas de l’arrêter, il arrive qu’il doive le faire.

- Et c’est toujours très dur, avoue-t-il. Mais cela fait partie d’une nouvelle culture de la réanimation, d’une prise de conscience, surtout chez les plus jeunes médecins, que de tenir compte d’éléments humains comme l’émotion, la souffrance des patients, celle des familles, ainsi que le souci d’éviter une non-vie à des patients qui ne peuvent plus avoir une vie de relation.

- Est-ce que vous vous rendez compte de la responsabilité écrasante qui est la vôtre ? Est-ce que vous vous demandez s’il peut y avoir erreur, doute sur le pronostic ? demande Paul Amar.
La certitude absolue n’existe pas, et c’est pourquoi il est si nécessaire que les médecins se forment à la prise de décision éthique.
- Personne dans l’équipe n’aime faire ça. Ce n’est pas quelque chose pour laquelle nous avons choisi ce métier, répond le professeur Samii, insistant sur le fait qu’il s’agit d’une décision pénible mais humaine.
C’est pour cela qu’elle doit être partagée.

- La décision est toujours prise de façon collégiale, jamais de façon précipitée, et toujours avec l’avis de tous, de l’aide-soignant au médecin en charge du malade. Quant à la famille, elle est consultée, mais la décision ne lui appartient pas. Il doit y avoir un consensus. La question est trop grave.
Ainsi la discussion, la prise de décision collégiale permet de diminuer les doutes.
- En fait les doutes sont là, bien plus présents, dit-il, quand nous poursuivons des soins inutiles.

A tort, certains réanimateurs qualifient ces arrêts de soins d’euthanasie. Cela jette la confusion dans les esprits. Il faut vraiment le dire et le répéter : l’arrêt des soins, la désescalade thérapeutique ne peuvent être assimilés à une euthanasie. Il s’agit, en arrêtant un traitement, de permettre à la mort naturelle de reprendre ses droits."

(1) France 2 : « D’un monde à l’autre », émission de Paul Amar, 7 septembre 1998.

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"Il faut savoir ne pas s'acharner sur un corps qui s'éteint"

Pr Bernard Debré, FR3,"Culture et dépendances",
"Face à la souffrance", 23 janvier 2004.


"C'est vrai qu'il est intolérable de réanimer des patients ou des patientes qui ne doivent pas l'être, parce qu'ils sont en train de mourir. On en arrive à des impasses, parce qu'on réanime, on réanime, on réanime, avec du matériel, des tuyaux, etc.
On sait parfaitement bien que la personne va mourir, et on n'ose pas s'arrêter. Il faut savoir ne pas réanimer. Il faut savoir ne pas aller s'acharner sur un corps qui s'éteint."

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